CALENDRIER LUNAIRE

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Aux origines de l’humanité, les phases croissantes et décroissantes de la Lune ont servi à établir les premiers calendriers. 

Aujourd’hui encore, de nombreuses cultures continuent d’utiliser, en marge du calendrier solaire régentant la vie sociale, un calendrier lunaire en phase avec les rythmes de la nature ou de la vie religieuse.

La Lune et le temps

Bien avant l’invention des horloges, les 1ers  hommes ont mesuré le temps en observant les phases de la Lune. 

Les cycles de la nouvelle Lune, de la lune croissante, de la pleine lune, de la lune décroissante et de la Lune noire, visibles par tous, ont servis de repères temporels aux pasteurs, aux paysans et aux voyageurs.

Pour Mircea Eliade, « la Lune est l’instrument de mesure universel. Le même symbolisme relie entre eux la Lune, les eaux, la pluie, la fécondité des femmes, celle des animaux, la végétation, le destin de l’homme après la mort et les cérémonie d’initiation." 

La Lune est ainsi à l’origine du calendrier le plus archaïque, le calendrier pastoral, instituant la semaine de 7 jours (car tous les 7 jours, la Lune adopte une forme nouvelle : nouvelle lune, 1er quartier, pleine lune, dernier quartier) et le mois lunaire, correspondant à un cycle complet de lunaison.

L’année comportait ainsi 13 mois de 28 jours, à quoi il fallait ajouter un jour supplémentaire pour rattraper les 365 jours du calendrier solaire.

Les calendriers lunaires

Les calendriers païens, presque toujours rédigés par des astrologues (les astronomes de l’époque), étaient étroitement associés au culte de la Lune, symbole de fécondité dans la plupart des mythologies : la course de l’astre, plus visible que celle du soleil, était à la base des calendriers les plus anciens, tels que le1er calendrier égyptien (avant de devenir solaire) et, semble-t-il le calendrier grec et romain.

Les Tibétains, de nos jours, continuent à utiliser un calendrier lunaire et, tout comme les anciens Babyloniens, ils ajoutent un 13e mois en moyenne tous les 30 mois.

De plus, les jours sont comptés en jours lunaires, ce qui est compliqué car un jour lunaire égale 0.984 jour solaire en moyenne et que, par dessus le marché, le jours lunaires sont inégaux, si bien que parfois on trouve 2 levers de Soleil dans 1 jour lunaire. Dans ce cas, on redouble le jour lunaire !Aussi, ces calendriers sont-ils établis par les astronomes astrologues tibétains.

On sait que les Musulmans utilisent également un calendrier lunaire et pas du tout solaire.

 

les fêtes mobiles de l’année liturgique chrétienne

La Lune étant toujours associée aux anciens cultes païens, il est logique que son culte ait été interdit par les prêtres de la nouvelle religion chrétienne.

D’ailleurs, dès le récit de la Genèse, dans l’Ancien Testament, le Soleil et la Lune sont désignés comme de simples sources de lumières naturelles crées par Dieu, et non pas des Dieux. Dieu dit « Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel pour séparer le jour d’avec la nuit : que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années »

L’un des moyens utilisés par l’Église pour contrer le paganisme consistât tout simplement à christianiser les anciens lieux de culte et ses différentes fêtes (principalement Pâques dont la date, variable chaque année, est fixée depuis l’an 325 de notre ère au 1er dimanche qui suit la pleine Lune de l’équinoxe de Printemps.

 

Etapes importantes du calendrier lunaire

La Lune noire : dans l’Antiquité, les 3 nuits sans Lune (conjonction Soleil-Lune) étaient redoutées car, en l’absence de la Déesse blanche, les plus grands périls pouvaient survenir. C’étaient « les jours d’Hécate ». Les prêtres faisaient alors des sacrifices aux dieux des Enfers pour éviter leur colère.

La Nouvelle Lune : son apparition servait à fixer le calendrier des assemblées, des sacrifices ou des réunions religieuses. Elle était pour les Anciens un signe de renouveau, de chance et de fécondité. Des rites particuliers venaient saluer ce retour, en particulier chez les Éthiopiens, les Sabéens, les Perses et les Grecs.

Chez les Gaulois, les Druides attendaient la nouvelle Lune pour aller cueillir le gui en portant un croissant de Lune en guise de pectoral. La fête de la nouvelle Lune était également à l’honneur chez les Hébreux.

 

Le plus vieux calendrier lunaire connu

Ce qui serait le plus vieux calendrier lunaire jamais établi a été identifié sur les murs des grottes de Lascaux (France). Des peintures remontant à 15.000 ans montrent, selon le Dr Michael Rappenglueck de l'Université de Munich, la Lune dans ses différentes phases. Ce chercheur avait déjà associé des dessins laissés dans ces grottes à des étoiles et des constellations.

Les groupes de points et de carrés figurant dans les représentations de taureaux, d'antilopes et de chevaux, décrivent selon lui les jours du cycle lunaire. Un groupe de 29 points sur une des peintures symbolise les 29 jours du cycle complet. La présence de l'astronomie dans les grottes de Lascaux serait ainsi définitivement établie.

D'après Rappenglueck, le secret de la compréhension de ces grottes réside dans la compréhension de la pensée des hommes de Cro-Magnon, auteurs des peintures. La description des phases du satellite de la Terre montre selon le chercheur l'importance des rythmes de la nature pour eux : leur survie en dépendait. Ils ont peint dans leurs grottes des parties du ciel bien précises, uniquement celles qui étaient spécialement importantes à leurs yeux. Mais connaître complètement la pensée de Cro-Magnon à travers ces peintures est probablement hors de portée.

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